Illustration (Droits réservés / BEE LUX).

5 questions à… Bruno Djiane (BEE LUX)

Avec plus de vingt ans d’expérience à intervenir sur les chantiers, Bruno Djiane est aujourd’hui à la tête de BEE LUX, une jeune entreprise spécialisée dans l’éclairage (artificiel et naturel) basée dans la région PACA. En tant que concepteur-lumière, il nous présente toutes les particularités de son métier ainsi que son savoir-faire.

Vous vous présentez comme mélangeur de lumières : concrètement en quoi consiste votre métier ?

Je me définis en effet comme mélangeur de lumières. Un terme un peu plus poétique et artistique pour concepteur-lumière. Mon métier, aujourd’hui, consiste à concevoir l’éclairage des espaces dans les bâtiments, en mélangeant la lumière naturelle et artificielle. Concrètement, j’analyse le lieu à éclairer, je préconise des matériels pour l’éclairage, des solutions techniques pour les vitrages de manière à exploiter au mieux la lumière naturelle et je conçois la mise en œuvre des luminaires en choisissant des appareils qui s’intègreront parfaitement avec le lieu. Le but est d’avoir une lumière qui mettra en valeur un matériaux, une œuvre, un espace, au service du bâtiment et pour le bien être des usagers. Ce n’est pas simplement choisir un luminaire et le poser ici ou là mais bien de concevoir l’éclairage, de proposer à l’architecte et au maître d’ouvrage de créer et de modeler l’environnement du lieu pour y intégrer l’éclairage en cohérence avec le projet architectural. Ce n’est pas juste éclairer mais éclairer juste.

Vous êtes à la tête d’une jeune entreprise : comment vous organisez-vous pour vous faire connaître et intervenir sur des chantiers ?

BEE LUX n’a que quelques mois d’existence mais personnellement j’ai plus de vingt ans d’expérience derrière moi. Pour faire connaître mon entreprise, je m’appuie sur mon réseau professionnel existant, je sollicite également de nouveaux clients, de nouveaux promoteurs immobiliers, pour leur proposer un accompagnement sur la partie éclairage, ce que les bureaux d’études pluridisciplinaires n’ont pas le temps de faire. Je tâche également de communiquer sur le métier de concepteur-lumière, trop peu connu dans la région Sud et bien plus répandu dans la région lyonnaise et à Paris. Je participe à des groupes de travail, des associations professionnelles, des salons… Je rencontre énormément d’architectes qui sont souvent les plus à même de comprendre l’intérêt de faire appel à un concepteur-lumière et qui m’appuient auprès des maîtres d’ouvrage pour intégrer un projet.

Avec votre expérience dans le monde de la construction et du BTP, quelle serait l’anecdote la plus croustillante ?

Durant ces vingt dernières années j’ai travaillé sur de très nombreux projets de construction ou de réhabilitation, du plus petit (deux blocs de sanitaires pour une école) au plus grand de ma carrière (135.000m² pour un centre commercial). Et des anecdotes de chantier, il y en a beaucoup. Je pense que tous ceux qui travaillent dans le bâtiment, pourraient écrire un livre et même faire un tome II voire un tome III. Personnellement, sur des chantiers il m’est arrivé de rire de certaines choses, après coup. La première qui me revient en mémoire concerne une résidence étudiante au moment du lever de réserves avec l’entreprise d’électricité. Chambre après chambre, nous notons les quelques remarques mais rien de bien méchant. Jusqu’au moment où, arrivé dans la dernière chambre, sur une centaine, j’allume en entrant, ce qui a provoqué une coupure d’électricité dans tout le bâtiment et déclenché l’alarme incendie. Aujourd’hui encore, j’ignore comment l’entreprise a pu arriver à ce résultat-là !

Après une multitude de confinements, comment voyez-vous évoluer ce secteur d’activité ?

La crise sanitaire et les différents confinements et restrictions, ont eu pour effet de faire monter le prix de l’immobilier et des matières premières au point qu’aujourd’hui, des matériels, tels que les luminaires, mais également des composants comme les disjoncteurs des tableaux électriques, ont des délais beaucoup plus longs et des prix plus élevés. Au début de la crise, les chantiers se sont arrêtés ; ils ont redémarré mais ont pris du retard, obligeant les maîtres d’ouvrage à retarder les projets qui devaient suivre après. L’adage veut que “quand le bâtiment va, tout va”. Je pense que le secteur immobilier traverse comme tous les autres secteurs une période compliquée mais qui finira par passer. Avant de retraverser une nouvelle crise. C’est cyclique. Toutefois, je vois que les innovations du secteur sont encourageantes pour l’avenir. Je pense, par exemple, aux constructions en bois qui sont plus présentes mais également à des idées novatrices issues de cette crise sanitaire, comme la transformation des immeubles de bureaux en logements ou encore de se servir des toits terrasses des bâtiments existants comme terrain pour de nouvelles constructions plus écologiques. Quant à l’éclairage, il participe aux économies d’énergies, à l’évolution des techniques et des normes, accompagnant les bâtiments comme les individus. Aujourd’hui, on favorise plus l’éclairage naturel mais l’éclairage artificiel s’y mêle en cohérence, comme par exemple des luminaires reproduisant la lumière du jour ou le cycle circadien (qui reproduit la lumière du jour en fonction de l’avancement de la journée). Tout ceci me fait avoir une vision positive de l’avenir du secteur.

Vous êtes ministre du Logement dans un prochain gouvernement* : que feriez-vous en faveur de l’immobilier et du BTP ?

Je ne sais pas mentir et je serai donc incapable de faire de la politique ! Mais plus sérieusement, si j’étais ministre du Logement, je tâcherais de travailler sur la qualité des logements. Ayant vu des bâtiments avec de nombreux problèmes après réception, il me semble que plus nous avançons et moins le travail de construction s’améliore. Quand on voit un bâtiment qui a sa toiture en tuile et ses volets de fenêtres qui s’envolent au premier coup de mistral alors que le bâtiment a été réceptionné moins d’un mois avant, on se demande comment des constructions comme les pyramides peuvent encore être debout. De plus il y a les prix et les coûts qui augmentent d’année en année. Quand je vois les surfaces d’habitations dans les HLM des années 60-70, ont est loin aujourd’hui d’avoir les mêmes surfaces pour un même type de logement. Les salles de bains sont de plus en plus petites, idem pour les cuisines et les séjours. Enfin, je pense qu’il faudrait également que les différents ministères communiquent un peu plus entre eux. Aujourd’hui la norme d’éclairage a évoluée dans le tertiaire en demandant à ce que désormais le plafond soit éclairé (entre autre chose). Et à côté de ça, vous avez des réglementations liées aux économies d’énergies qui sont plus contraignantes. C’est le rôle du concepteur-lumière de travailler la lumière de manière à répondre à ces exigences parfois contradictoires. Mais c’est aux ministères de veiller à être cohérents entre eux…

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*L’interview a été réalisée avant l’élection présidentielle de 2022 : la réponse est dissociée de l’actualité et de tout partisanisme politique.

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