Illustration (krenok43 / Pixabay / ImmoPotam).

Nouveau DPE : crise du logement ou crise écologique ?

Suspendu pour tous les logements d’avant 1975, le nouveau Diagnostic de Performance Energétique (DPE) irrite les professionnels de l’immobilier. Une réunion doit avoir lieu ce lundi pour cibler les causes de ces dysfonctionnements.

Bien qu’il doit être fourni par tout vendeur ou bailleur d’un logement, le nouveau Diagnostic de Performance Energétique (DPE) est au cœur de nombreuses anomalies depuis que son calcul a été modifié le 1er juillet dernier. Ce nouveau document permet de classer les logements en fonction de leurs performances énergétiques et tient désormais compte de leurs émissions de gaz à effet de serre (classe GES). L’enjeu est de taille puisque quelques 4,8 millions de logements (17% du parc immobilier) sont directement impactés par cette réforme en étant étiquetés F et G et considérés comme des passoires thermiques. Sauf s’ils ont profité d’une rénovation énergétique d’ici-là, ils seront progressivement interdits à la location à partir de 2025 (G) puis 2028 (F). A terme, ceux qui sont notés E seront inlouables à partir de 2034.

Si Barbara Pompili, la ministre de la Transition Energétique, avait beaucoup misé sur ce nouveau DPE en début d’année, puisqu’il était censé être plus fiable et plus lisible pour répondre en enjeux climatiques, elle ne s’attendait pas à rétropédaler aussi rapidement. Face à des résultats anomaux, notamment à cause d’erreurs de calculs, ce nouveau DPE a dû être suspendu le 24 septembre dernier pour tous les logements d’avant 1975 pour permettre aux professionnels du secteur (agences immobilières, diagnostiqueurs et éditeurs de logiciels) de revoir leur copie et d’apporter toutes les corrections nécessaires.

Si les professionnels s’attendaient à ce que ce nouveau DPE impacte 40% des logements, ils ne pensaient pas voir leurs prévisions doubler concernant les deux plus mauvaises catégories (F & G). Il est reproché que le chauffage électrique soit fortement mis en valeur par rapport aux énergies fossiles (gaz et fioul) et cela a pour conséquence de fortement dégrader les notes dans les logements collectifs, surtout les HLM où ce type de chauffage est privilégié pour éviter aux locataires d’être impactés financièrement et individuellement. Ils reprochent aussi une erreur de calcul des débits d’infiltration et le classement par défaut en chaudières fioul quand toutes les données ne sont pas renseignées. Si rien ne change, les enjeux pourraient être catastrophiques pour le logement et pour l’écologie : les professionnels préviennent qu’ils n’ont que sept ans pour rénover la moitié du parc locatif privé, ce qui apporterait encore plus de tensions sur un marché déjà compliqué, et, s’ils n’y parviennent pas, ces passoirs thermiques deviendront des logements vacants encore plus nombreux (un logement sur quatre selon les estimations)… La réunion prévue ce 4 octobre avec Emmanuelle Wargon, la ministre en charge du Logement, pourrait permettre d’annoncer de nouvelles mesures concernant le logiciel de calcul du DPE, dans l’intérêt du logement et du climat.

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