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Mon banquier m’incite à acheter un appartement : est-ce bon signe ?

Vous pensiez qu’acheter un appartement n’était pas fait pour vous, que ce genre de choses est réservé à une certaine catégorie de la population, à ceux qui sont déjà bien établis. Pourtant, votre banquier, lui, semble enthousiaste à l’idée de réveiller vos rêves de propriété…

Parfois, on pense qu’il est encore trop tôt pour acheter, la faute sans doute à cette augmentation qui tarde à arriver ou à cette vie de couple pas vraiment stable. On a souvent de bonnes raisons pour ne pas provoquer le changement parce qu’on a peur de s’engager sur plusieurs décennies, qu’on est encore jeune et que le petit loyer qu’on paie actuellement pour un appartement sympathique nous va très bien. Oui, c’est vrai : le changement fait peur. Alors pourquoi le provoquer ? Acheter un appartement, c’est un truc de vieux et ça coûte une blinde. On n’a pas envie de se saigner pour un crédit, surtout quand on a des projets de voyages (le Japon cette année et les Etats-Unis l’an prochain).

Oui mais voilà : un matin, vous avez votre conseiller bancaire (celui qui regarde tous vos comptes, qui sait ce que vous avez sur votre Livret A et qui sait aussi tout ce que vous gagnez et payez comme impôts), qui décide de vous passer un petit coup de fil anodin juste pour faire un point sur votre situation et vous proposer une offre intéressante sur votre Carte Bleue. Cela tombe bien : vous vouliez le voir pour qu’il vous parle des assurances à l’international, vu que vous voudriez partir au Japon et aux Etats-Unis dès que la situation sanitaire s’améliorera. Alors bon, ça n’engage à rien d’aller le voir, surtout s’il y a moyen de gratter cinq euros tous les mois sur le coût de cette Carte Bleue…

Pourtant, lors de ce banal échange annuel avec votre conseiller bancaire, il laisse clairement entendre qu’il serait prêt à vous suivre et à vous prêter bien plus que ce que vous aviez imaginé. D’un point de vue comptable, ce qu’il vous prête, ça ne fait qu’une mensualité de cinquante euros en plus par rapport au loyer que vous payez actuellement. Il oubliera certainement de tenir compte de la taxe foncière et des charges de copropriété dans son calcul mais, malgré cela, on n’est pas non plus obligé de se mettre au taquet du budget. Cependant, s’il revoit à la baisse son taux d’intérêts de 1,50% sur 25 ans, il y a moyen d’avoir une enveloppe encore plus sympathique. Et puis c’est vrai que ce que vous pouvez acheter, ce n’est pas vraiment l’appartement que vous avez actuellement dans le quartier que vous adorez, mais en faisant une petite concession, vous pourriez vite trouver un appartement un peu plus grand, dans un autre quartier pour quelques minutes de transport en plus. Et au moins, vous serez chez vous.

Dès lors, vous surveillez les offres sur Internet : il y a des choses sympas qui méritent le coup d’œil. Vous avez même cessé de regarder les émissions culinaires à la télévision et vous commencez à apprécier cet animateur, gaffeur et sympathique, qui donne des conseils à d’autres personnes qui recherchent un appartement ou une maison… Alors oui, c’est vrai qu’en y réfléchissant un peu : investir dans la pierre, ça ne peut pas être un mauvais placement. Et puis si un jour vous aviez besoin de plus grand ou qu’un deuxième salaire participait à l’effort comptable, rien ne vous empêcherait de revendre cet appartement ou éventuellement de le mettre en location…

C’est vrai que, à la base, vous n’alliez pas voir votre conseiller bancaire pour qu’il vous parle de prêt immobilier ou de garantie Caution Logement. Oui, c’est vrai, mais il l’a quand même fait et a réussi à vous mettre cette idée, qui n’était pas la vôtre, en tête. Après tout, vous pouvez toujours l’écouter et passer à autre chose, comme c’est souvent le cas dans de nombreuses conversations dites anodines… Mais quand même. Vous pensez à présent à votre collègue qui gagne moins que vous qui a acheté une grande maison en Seine-et-Marne ou à votre cousin qui a trouvé un 3P avec sa copine au pied du métro. Et finalement, réflexion faite, vous aussi avez envie d’avancer un peu dans la vie…

Si votre banquier vous propose de vous suivre sur un prêt immobilier, c’est vrai que c’est son intérêt : ça lui permet d’anticiper en vous fidélisant, ça lui évitera que vous filiez chez une banque concurrente dans quelques mois et que vous embarquiez tout votre épargne. Il a décelé en vous un profil intéressant : une situation professionnelle stable, une possibilité d’évolution, une capacité à épargner et pas de crédit en cours ou d’incidents de paiements. Pour le banquier, dans la limite du raisonnable à prêter : tous ses voyants sont au vert pour le moment. Alors oui, si votre banquier vous contacte pour vous suggérer un prêt immobilier, c’est qu’il a un minimum étudié votre profil et qu’il est favorable à l’idée de vous confier quelques centaines de milliers d’euros. Il ne vous ferait pas perdre votre temps, et encore moins le sien, si vous n’étiez pas solvable. Libre à vous d’aller plus loin et de trouver le bien immobilier qui vous correspond mais, dans tous les cas, d’un point de vue financier, votre situation semble intéressante. Comme on dit, il n’y a plus qu’à…

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Guillaume Blanc

Fondateur d'ImmoPotam.com. Sujets de prédilection : neuf / VEFA, Pinel, PTZ, déficit foncier, Ile-de-France... Tous ses articles