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Et si votre banque devenait votre agence immobilière ?

Au cours des deux dernières décennies, de plus en plus de banques avaient fait le pari de décliner leur activité en allant sur le marché de l’assurance. Aujourd’hui, la nouvelle tendance serait d’avoir de plus en plus de banquiers avec une casquette d’agent immobilier. En Angleterre, Lloyds semble vouloir aller sur ce terrain-là…

On en entend régulièrement parler : les taux d’intérêts n’ont jamais été aussi bas. Pour faire face à cette situation et multiplier d’autres sources de revenus, la banque Lloyds a trouvé la parade : investir massivement dans l’immobilier et devenir un acteur majeur de la location d’ici 2025 au Royaume-Uni. Car oui, si le coût de l’argent n’a jamais été aussi bon marché pour les emprunteurs, cela veut dire qu’il est de moins en moins rentable pour le prêteur. Ainsi, face à une situation de plus en plus complexe pour les banques, de plus en plus d’établissements financiers envisagent d’acheter massivement de nombreux logements pour les mettre en location.

Si, par le passé, de nombreuses banques s’étaient positionnées sur le marché du résidentiel, cela a toujours été à un niveau très récréatif au regard de leur activité globale. C’était avant tout un moyen de fidéliser leur clientèle en leur proposant des formules clé en main alliant le logement, le financement et éventuellement l’accompagnement dans le dispositif fiscal en vigueur. A présent, les banques réalisent qu’elles ont toujours énormément d’avoirs financiers mais que le prêt immobilier est de moins en moins lucratif pour elles et leurs actionnaires. Alors, plutôt que de prêter de l’argent à un faible rendement pour financer un achat immobilier auprès d’un particulier, la question se pose de savoir si ce ne serait pas plus judicieux d’acheter directement ces fameux logements pour les mettre en location.

A court terme, endosser un costume d’agent immobilier peut être bénéfique pour les établissements financiers. Il ne faut pas oublier que les banques ont un maillage national très vaste et que, ces dernières années, la tendance était davantage à la fermeture des agences qu’à l’ouverture d’une nouvelle succursale. Si les banques ont déjà les locaux, ouvrir une activité nouvelle pourrait leur permettre de ne pas fermer les agences et éviter des vagues de suppressions de postes… Alterner son activité serait ainsi une solution pour garder une présence sur le terrain et faire face à l’essor des banques en ligne.

Adopter une telle stratégie peut s’avérer payante pour les banques sur le long terme. D’une part, recourir à l’investissement locatif serait un excellent moyen de diversifier son patrimoine et ses sources de revenus à travers un rendement plus rémunérateur qu’un taux d’intérêt bon marché (qui flirte actuellement de plus en plus avec le 1% sur 25 ans). Cela a aussi pour avantage de limiter au maximum le défaut de paiement : si un locataire ne paie pas son loyer, c’est moins onéreux à gérer qu’un propriétaire qui ne rembourse plus son crédit… D’autre part, en achetant massivement des logements, les banques contribueraient à rarifier davantage l’offre immobilière : en étant présent sur ce marché, elles apporteraient leur soutien à ce secteur de l’économie très porteur puisque les prix ne cesseraient d’augmenter et leur permettrait d’espérer, en plus des loyers perçus, une plus-value future significative au moment de la revente, surtout dans des zones d’activité à très fort potentiel.

Si, en France, on sait qu’on a les épaules pour livrer environ 100.000 logements neufs par an, ce secteur n’est pas calibré pour augmenter significativement sa capacité de production (à moins d’être dans un pays où le droit du travail est plus souple, pour ne pas dire quasi inexistant) et ne peut en aucun cas accélérer des délais de construction trop souvent incompressibles… Donc, sur un marché de plus en plus tendu, en France comme chez nos voisins européens, les banques réalisent qu’en étant actif sur l’immobilier résidentiel, elles peuvent gagner sur tous les tableaux : soit en validant un prêt immobilier avec un niveau de rémunération satisfaisant pour leurs critères, soit en mettant en location un bien sous leur pavillon qui leur permettrait de fructifier leur capital…

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