Illustration (alexsrbija / Pixabay / ImmoPotam).

Faut-il réserver la Bretagne en priorité aux Bretons ?

Pour faire face à un marché immobilier de plus en plus tendu en Bretagne, certains souhaiteraient que de nouvelles règles d’accessions à la propriété soient mises en place avec pour objectif de favoriser les résidences principales.

Cela fait sans doute partie des idées-reçues où l’on croit que le nombre de résidences secondaires est plus élevé en Bretagne par rapport au reste de la France. Or, quand on regarde les derniers chiffres de l’Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques (INSEE), en 2018, la Bretagne comptabilisait 79,2% de résidences principales pour 13,3% de résidences secondaires et 7,5% de logements vacants, ce qui n’a rien de choquant quand on sait que la France enregistre 9,3% de résidences secondaires sur tout son territoire pour la même période.

Sauf que ces chiffres datent d’avant la Covid-19 : après trois confinements, le marché de l’immobilier a été chamboulé et les cartes redistribuées. Pour rappel, si le prix des logements (neufs et anciens confondus) a augmenté de 5,7% entre le 2ème trimestre 2020 et le 2ème trimestre 2021 en France, il ne faut pas oublier que cette hausse a été plus forte en Province (6,09%). Beaucoup de Franciliens ont fait le choix de quitter un milieu dense et peu végétalisé pour trouver une région où il fait bon vivre, pas trop loin de la capitale pour faciliter les aller-retour quand des jours de présentiels sont imposés. Et la Bretagne a su attirer les foules…

Pour Nil Caouissin, professeur d’Histoire-Géographie et militant à l’Union Démocratique Bretonne (UDB), il est désormais impératif d’ouvrir un débat collectif autour du nombre de résidences secondaires. Auteur d’un Manifeste pour un statut de résident en Bretagne, ce conseiller régional d’opposition souhaite mener une politique ambitieuse pour permettre de vivre à l’année en Bretagne. Il reproche aux résidences secondaires d’être occupées un trimestre dans l’année alors que de nombreux ménages peinent à acheter ou à louer un bien dans la région pour y vivre toute l’année. Conséquence : les prix continuent de grimper et les Bretons se retrouvent de plus en plus isolés.

Pour faire face à un étalement urbain, qui se fait au détriment des terres agricoles, son droit au logement réservé aux Bretons permettrait de lutter contre les problèmes d’infrastructures (réseau d’eau, assainissement, groupes scolaires…) tout en améliorant le quotidien des résidents permanents qui doivent enchaîner les kilomètres depuis l’intérieur des terres pour pouvoir travailler (avec la perte de lien social que cela implique et les problèmes de pollutions liés à ces déplacements).

Dès lors, Nil Caouissin souhaiterait mettre en place une sorte de passeport donnant un droit au logement en Bretagne : pour pouvoir acheter dans la région, il faudrait y habiter un an en tant que locataire. Ce privilège breton pourrait s’appliquer aux communes, souvent côtières, où il y aurait de fortes tensions immobilières. Ce statut exclurait du marché un nombre élevé d’acquéreurs venus pour une résidence secondaire et permettrait de limiter la flambée des prix de l’immobilier.

Si cette idée avait été émise lors de la campagne pour les élections régionales de juin dernier, celle-ci avait été rejetée par la quasi-totalité des candidats qui l’ont jugée inconstitutionnelle et inefficace. Toutefois, au niveau européen, la Bretagne ne serait pas la première région à mettre un tel dispositif en application puisque certaines provinces autonomes appliquent ce statut en Italie (Bolzano) et en Finlande (Aland).

Etes-vous favorable à un statut de résident breton pour pouvoir acheter un bien immobilier en Bretagne ?

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